Les deux chevaliers traversent la lande au galop, plein ouest, prenant la direction du duché de Cornouailles. Ainsi, ils parviennent bien après le crépuscule au devant d'un enclos en bois,
construit en haut d'une petite colline en bord de la route. Ils cassent leur allure et font halte, trempés dans leurs armures qui grincent et paraissent toutes sombres dans la nuit, devant
une large porte sur laquelle un écriteau indique « Auberge de Cantersburry». Celle-ci étant fermée, Lancelot considère une cloche qu'il fait teinter vigoureusement. Quelques minutes suivent
et , alors que Lancelot passablement énervé va sonner une deuxième fois la cloche, un homme ouvre une petite fenêtre un bon mètre plus haut pour scruter les visiteurs.
- C'est pour quoi ?, hurle le rustre en couvrant la pluie.
- C'est pour votre devoir d'hospitalité, roturier !, rétorque Lancelot.
Le rustaud hésite plus qu'il ne faut, maugréé quelques instants, puis ferme le volet et hurle derechef un « Damien! » habituel.Il s'en suit quelques craquements de bois, qui suggère la
descente d'un viel escalier vermoulu, puis bientôt un son évoquant le jeu d'un petit madrier qui coulisse dans un anneau métallique juste derrière la porte. Enfin, la lourde porte grince en
s'ouvrant, dévoilant dans la lueur des torchères une avant-cour, et un petit sentier boueux contournant une bâtisse en pierres solides, dont la faible lumière empêche de voir la taille.
Devant les chevaliers, l'homme, un bossu bien costaud, fixe la deuxième porte à un mur via un crochet en fer et un jeune garçon, la douzaine, juste portant sur lui deux pièces de
lin grisâtres rapiécés trempés à en dégouliner, court vers eux et se saisit de leurs deux rênes. Nos héros descendent alors de cheval, et le gamin mènent alors ceux-ci précautionneusement
sur la sente de l'écurie, tâchant d'éviter de glisser et de s'étaler dans la gadoue.
Lorsque Lancelot entre dans la salle principale de l'auberge, seuls quelques uns des clients amassés sordidement dans le lieu, une grosse vingtaine de paysans, de vagabonds et de mendiants, rompt
alors leur monotonie pour regarder furtivement ce nouveau venue. Le chevalier s'est couvert, tout comme sa compagne qui le suit, de sa longue couverture de tissu afin de se sécher, et c'est ainsi
accoutré qu'il se campe devant l'aubergiste, avachi, aviné, sur son comptoir. Il lui dit :
- Le souper et une chambre avec vue sur la cour, pour moi et ma compagne, vite !
- Brrr ... Ne parlez pas si fort, ma tête cogne, ... pffff ... pour le gîte, j'suis complet, vous devrez aller dans la pièce commune, mes
seigneurs.
- Comment ?! Vous osez nous proposer de partager notre couche avec des vulgaires manants, aubergiste ?!! tonne Lancelot.
Isabelle, qui avait gardé son heaume et était donc méconnaissable, de tête comme de corps, semblant être un simple soldat, ou bien un frêle chevalier, chuchotta alors par derrière son ami :
- Laissez donc, cela m'ira. Je suis fourbu et tant que le sol est plat, j'y coucherais bien. Et puis, évitons les esclandres, les chose ont changé
dans le pays, et il n'y a plus pour nous le respect de naguère ...
Lancelot se retourne et va protester, quand Isabelle retire son heaume et libère sa chevelure de feu en la secouant avec charme, statuant presque tous les simples gens de la salle sidérés de voir
une femme si jolie dans une armure de chevalier. L'aubergiste est comme hypnotisé par ses yeux verts.Isabelle lui sourit pleinement, et lui dit en susurrant :
- Merci, la salle commune nous convient.
La formalité du coucher acquittée, ils s'installèrent alors à une table près d'un agréable feu de cheminée revigorant, goutant enfin au repos et au plaisir de se
retrouver loin de la pluie glacée.
C'est alors que la porte s'ouvrit en grand sur un singulier et exubérant personnage.Il était vêtu d'une épaisse tunique verte, sombre pour le pantalon, et un peu plus clair pour la veste aux
boutons blancs reliés de fil d'argent.
Une belle cape sombre en soie brillante partait de son cou jusqu'à ses bottes de cuir noir, et une rapière dotée d'une complexe garde ouvragée d'arabesques ballotait à une délicate ceinture de
cuir marron. Il ne portait aucun sac de voyage sur lui et avait un large serre tête métallique argenté dans ses cheveux qui rappelait l'avancée d'un casque d'apparat romain.Ainsi, ses longs
cheveux blonds étaient maintenus en arrière sans passer au devant de ses yeux.
Le nouveau client entra à large enjambée dans la salle et s'adressa en ces termes au tenancier du lieu :
- Hola, aubergiste ! Venez à moi séant accueillir le haut chantre du négoce de l'Ouest de la Brittanie que je suis ! J'ai envie forte de ripaille et de cochonnaille et j'ai sur moi plus d'argent
que vous n'en verrez jamais dans votre misérable vie !
Il prononça la dernière remarque en plissant malicieusement la bouche et en lançant vers le propriétaire une bourse à coup sûr confortablement garnie.
Les joues de celui-ci passèrent instantanément d'un rouge cramoisie par la colère d'avoir été insulté à une teinte rosie par la joie, dès que le sac de louis d'or atterrit dans la paume de sa
main.
C'est avec un grand sourire forcée que l'obséquieux répondit à son nouvel hôte :
- ... Monseigneur est bien bon, ma cuisine et mon auberge seront vôtre ce soir ...
Le gentilhomme se dressa de toute sa taille, bras légèrement plié avec ses deux poings posés au niveau de la ceinture, et toujours en souriant répondit avec la même bravade :
- C'est bien, je n'en attendais pas moins.
Il donna un coup d'oeil circulaire autour de lui, comme pour jauger les nombreux clients dispersé dans l'auberge.
Se faisant ses yeux qui s'étaient rapidement désintéressés de Lancelot, s'arrêtèrent sur Isabelle. Il eut un sourire immense et sans cesser un instant de la regarder sans ciller, il fit avec
force cérémonie et de nombreux moulinets de la main quelques pas vers elle.
- Belle damoiselle, votre présence ici embellit ce lieu d'un trop rare parfum de fête.
Permettez-moi de vous offrir ce repas, à vous et votre écuyer, et de me présenter comme il
se doit. Je suis Damien de la Roche Feuille, chevalier de Brocéliande par origine, et
marchand itinérant par dépit. Vous êtes assurément de grande lignée, cela se sent à votre
prestance, mais puis-je me permettre de vous demander à qui j'ai l'honneur de parler ?
Isabelle, qui n'avait prêtée qu'une vague attention amusée à entendre l'homme, par ailleurs
charmant, traiter Lancelot du Lac de simple écuyer, s'anima carrément d'intérêt lorsqu'elle
l'entendit parler de Brocéliande, au point où, tombant bas sa couverture, elle se présenta
de manière détendue et ouverte, délaissant toutes règles de prudence à la stupéfaction
outrée de son compagnon d'arme.
- Maitre négociant, vous êtes face à la pas encore bien célèbre Isabelle Pendragon,
chevalier d'Arthur depuis peu. Que fait donc un gentilhomme dans ces contrées barbares ?
L’étranger prit, avec un peu trop de bienséance pour être honnête nota Lancelot, un air
contrit,
Et c’est sans superbe qu’il s’installa à leur table, pour commencer un long récit, à peine coupé par les
échanges avec l’aubergiste venu discrètement lui apporter pitance. Au fur et à mesure du conte, Lancelot, qui s’agaçait intérieurement de plus en
plus face à la théâtralité entièrement maitrisée de l’arriviste, put voir les yeux d’Isabelle passer de divers états, tous trahissant de grandes
émotions. Il put ainsi voir combien la jeune femme était communicative rien que par ses attitudes, ses yeux … Bien sûr, notre brave chevalier fut sans cesse charmé par les teintes d’intérêt,
d’étonnement, de curiosité, de frayeur, d’attente, de joie, de soulagement et d’admiration que les deux émeraude d’Isabelle prirent selon les faits,
forcément hauts, de ce chevalier parlant d’une époque révolue. Étonnement jeune pour avoir vécu tant de choses, ne manqua pas de remarquer Lancelot.
Et où voulait-il en venir au fait ?
Certainement d’adroites tentatives pour mettre la jeune femme en envie d’écarter les pattes devant lui,
conclua-t’il ce soir là.
Isabelle s’anima, selon l’intensité des moments racontés, de grandes émotions effectivement. Elle se sentait
vraiment non pas séduit – car comment aurait-elle pu l’être d’une personne de ce sexe ? – mais plutôt complètement transportée au côté de l’aventurier comme si elle aussi avait à son côté
vécu tout cela ! L’étonnant pouvoir des mots …
En fait, Damien lui conta son histoire comme si il lui récitait, avec tout le théâtre idéal, le livre de sa
vie. Et elle, avait bu littéralement le flot ininterrompu de ses paroles.
Lancelot du Lac l’ignorait encore alors, mais il avait été le fils du roi breton Ban de Benoïc, une icône
légendaire aussi célèbre pour les vivants de l’époque que n’allaient le devenir Arthur et Uther pour les générations à venir. Le dénommé Damien commença son histoire en évoquant son enfance
bienheureuse auprès de Ban, en ces temps où Lancelot, alors enfant, n’était pas encore devenu le chevalier maudit qu’il est aujourd’hui et où l’idée même de la conception d’Isabelle n’était qu’un
élément de plus qu’avait minutieusement tissé la destinée qui tendait vers la Morte.
L'invasion de l'Armorique qui suivit commença de la plus perfide des façons ... Bien après la rupture affective et politique entre ban et son frère Bohort, celui-ci invita le dernier a se
réconcilier en partageant de très fraternelle façon une semaine de ripailles et de libanies, à l'occasion d'un grand tournoi inter nation - où se couvrit de gloire très notablement un certain
Arthur Pendragon, alors tout juste nouveau roi de Haute Bretagne après avoir su retirer
l'épée du rocher.Un autre grand monarque manquait lors de ses fameuses réjouissances : le roi Claudas, car il profita de l'éloignement de l'armée d'élite du roi Ban de Banoic pour envahir
l'Armorique. Personne n'ignorait à l'époque la nuit dramatique où la forteresse de Ban fut incendié avec tous ses résidents, empêchés de sortir par l'armée de Claudas qui lui faisait siège et
massacrant impitoyablement tout groupe cherchant à échapper aux flammes.
De même, ce deuxième haut fait d'Arthur - lorsqu'il déferla en Armorique certes un peu trop tard avec Ban et Bohort pour tenter d'en bouter Claudas le traitre - lui fit l'honneur ensuite de
porter le titre de preux. L'exploit ne rivalisait certes pas avec la fougue dont il fit preuve quelques jours à peine après le début de son règne lorsqu'il partit en aide du seigneur Leodegrand
de Cameliar assiégé par les seigneurs félons qui avaient refusés qu'un simple écuyer devienne leur nouveau roi. Mais, le courage d'Arthur fut en quelque sorte confirmé lors de la toute dernière
bataille de Ban, lorsqu'il n'hésita pasavec quelques fidèles compagnons, plus tard tous adoubés chevaliers de la Table Ronde en remerciement de leurs exploits successifs, à tenter de lui venir en
aide, à un contre cent...
Isabelle connaissait comme tous les nobles cette histoire - de celles dont elle aimait tant se délecter bien sûr - mais elle fut grandement étonnée par la partie cachée que lui apprenait à cet
instant même Damien, qui lui narra comment il sut se glisser sans bruit jusque dans la tente du roi Claudas, pour lui ordonner de rappeler ses troupes qui s'apprêtaient à éliminer sans pitié le
roi Arthur et sa clique. Juste après, en la menant dans un sombre et antique
tunnel secret, avoir sauvé du bûcher la reine Elaine, si belle épouse du roi Ban, dont on disait qu'un peu du sang d'Ygren - celle qui fut involontairement à l'origine de l'incroyable destinée
des Pendragons et avec elle de toute la Bretagne du Moyen-Age à venir - coulait en elle.
Nulle doute, se dit alors Isabelle, que le roi Ban aurait réfléchi à deux fois avant son assaut suicidaire, s'il avait su que sa femme avait grâce à Damien ,dont elle avait il y a quelques
minutes apprit le statut de champion de sa reine, survécu.
"Etonnantes choses que les carrefours de l'histoire des hommes", pensa t'elle, toute émue, et regardant avec un respect nouveau et brillant le noble chevalier de Brocéliande.
(il parle de lui, de la fin du royaume de Brocéliande - en fait, celui de Ban de Benoic le pere de lancelot ... - et raconte une etrange histoire qui capte isabelle car ayant rapport avec
le graal ...elle se dit que la piste doit la mener en france...)
Très vite, c'est un aubergiste tout sourire qui se démène à monter leurs affaires à l'étage dans un large couloir qui servait de dortoir. Emboîtant le pas de leur guide, Lancelot et Isabelle
considèrent bientôt le lieu bruyant où ils vont passer la nuit : sombre et peu salubre, c'était ça et là dès le haut de l'escalier amoncellements de couvertures, tissus jaunis et le plus souvent
déjà occupés. Dans ce cas, un ou deux corps, ou même d'avantage, des deux sexes, en étaient recouverts, tantôt dormant, tantôt mues en pleine relation charnelle et poussant des soupirs d'une
évidente nature. Ici règnait à cette heure tardive le stupre et la débauche. Aux extrémités de la large pièce, quelques portes, fermées, devaient mener à des chambres individuelles.
Pendant que lui et son amie retirait l'une après l'autre leurs pièces d'armure, Lancelot envie alors les clients sans doute retranchés derrière. Entendant un bruit de vêtements empilés derrière
lui, comprenant qu'Isabelle se dénudait alors, il prie intérieurement pour que nul cul-terreux ici présent n'aperçoive son corps bien trop appétissant. Il se dit qu'il aura peut-être à jouer de
son épee pour faire face. Puis, il voit Isabelle, éreintée, se glisser nue dans sa couverture, et trouver très vite son sommeil. Lui-même rapidement n'en peut plus, malheureusement, et il
s'endort, conscient que tout peut arriver mais pourtant extrêmement heureux de sentir tout contre lui le corps chaud de sa belle qui se serre tout contre pour se réchauffer.
Plus tard dans la nuit, la foudre tonne dehors, et parfois, transperçant dans une vive lueur les quelques vitres grossières tenant lieu de fenêtres au dortoir, un éclair crève la noirceur
ambiante. Nuls ne bronchent car tous dorment à poing fermé. Soudain, un éclair différent fait auréoler une sorte de très longue silhouette sombre, tout à fait effrayante, s'étalant comme une
ombre chinoise sur le vaste plancher. L'ombre recouvre totalement nos héros, puis meurt immédiatement après l'éclair. Il y a alors une sorte de sifflement à peine audible, et les petits cliquetis
des gouttes de pluie rebondissant sur les pavés, se font soudain beaucoup plus bruyants dans le noir dortoir. N'eusse été leur grande fatigue, les deux chevaliers auraient été réveillés par le
courant d'air froid et humide qui maintenant souffle sur leur couverture.
L'éclair suivant met en évidence un homme roux, aux traits masqués par un foulard, mais frêle et habillé de toile brune. Il serre fortement entre ses mâchoires un coutelas affilé, tout en
abaissant doucement la couverture couvrant Lancelot et d'Isabelle.Une fois libérée, la poitrine opulente de la jeune femme surgit par effet de ressort, juste sous le nez de l'intrus, qui pousse
un long gémissement de surprise et de désir.Cela a pour effet de faire grogner Lancelot, toujours dormant, et l'individu, décontenancé, fait un bond en arrière, tout en dégainant son arme.
Se faisant, Il trébuche sur une couverture, malmenant les jambes d'un homme qui dormait juste derrière.Celui-ci bondit en hurlant : « Hé!Toi, qu'est'tu fai ?!! »
Mais, déjà, l'être s'est propulsé au travers de la fenêtre toujours ouverte, pour se rétablir adroitement sur les pavés, et disparaître dans la nuit.
L'individu bousculé par le singulier monte-en-l'air allume une chandelle et Lancelot se réveille en sursaut. Il voit d'abord que la fenêtre est ouverte, et que le vent s'infiltre donc dans la
pièce. Puis, il voit que les proches occupants du dortoir se sont tous réveillés et reluquent abondamment les seins de sa compagne, désormais réveillée par l'agitation.
Tous les occupants du dortoir spartiate furent comme statufiés par le spectacle qu'offrait la jeune Isabelle, torse nue, la couverture grossière qui couvrait une bonne partie du bas de son corps
tranchait avec force avec la jolie perfection de ce qu'elle exhibait désormais à la vue de tous les pauvres hères. Elle se mit ainsi debout.
Il y eut comme une tension, portée par des dizaines de paires d'yeux lubriques où brillaient parfois la démence, et accentuée par des mouvements de foule de plus en plus nerveux. Certains
voyageurs s'approchaient dangereusement du couple, qui fut bientôt encerclé. Lancelot dégaina sa mortelle épée, une détermination teintée d'une once de folie brillant dans son regard. Isabelle
maintenait toujours son bout de tissu, une main pour cacher ses chairs les plus intimes, l'autre plaquant un autre bout sur un sein. Cela eut pour résultat de mettre tout à nue ses fesses, et
d'ainsi involontairement flatter les instincts voyeurs de ceux qui se massaient dans son dos.
La jeune femme comprit que si les choses s'envenimaient et que le chevalier ne parvenaient pas seul à faire face, elle devrait laisser tomber bas la couverture, se jeter sur Excalibur qui
l'attendait pas loin, et se battre avec elle toute nue. L'idée de s'exhiber de la sorte tout en faisant place nette la fit glousser de plaisir.
Elle lâcha le maigre rempart qui protégeait ces chairs roses, et la couverture sans bruit s'affaissa sur le parquet pendant qu'elle enserra la garde d'Excalibur de ses mains. Puis, elle plaqua
ses fesses sur le bassin de Lancelot, et lui tourna le dos en levant la sainte lame de manière menaçante.Elle était prête à massacrer tous ceux qui se rincaient l'oeil depuis dix minutes.Et ça se
voyait sur son visage.
Lancelot était en pyjama de toile, aussi il n'eut aucune peine à sentir, pour la première fois, les fesses d'Isabelle contre les siennes. Ce fut pour lui un moment si érotique qu'il perdit
presque conscience de la meute d'indigents qui grondaient devant lui, manifestant tous comme une litanie une sourde envie de prendre sa compagne, qu'il savait nue devant eux à cet instant.
L'imagineant sans défense - il était si troublé qu'il n'avait pas compris qu'elle venait de brandir Excalibur, justifiant sa nudité - il se reprit suffisamment pour garder sa position et ainsi la
garder des assaults qui pourraient venir de ce côté.
Le chevalier connu un bref dilemne : il ne désirait pas tuer tous ces hommes, pourtant s'il ne les attaquait pas à ce moment précis, il ne pourrait pas empêcher ceux qui avancaient dans son dos
de s'attaquer à Isabelle.
Il choisit en un éclair, et c'est avec une joie malsaine qu'il leva son épée de chevalier en hurlant : "Montjoie !!! Saint Denis!!"
Les agresseurs eurent alors l'impression de voir le paladin se transformer comme si des appendices cornues avaient en un instant poussé au milieu de ses cheveux et que ses yeux devenaient cerclés
de feux. Alors qu'il leur sauta à la gorge, ils reculèrent d'un pas tous en même temps.Non, pas tous, car, de l'autre côté, il n'y a que la bouche qui s'ouvra,bée devant le spectaculaire strip
tease improvisée de la jeune guerrière blonde qui les défiaient d'un air glacial.
Un événement eut lieu qui empêcha la situation de dégénérer à vitesse grand V : le jeune marchand alors vêtu de riches drapés exotiques surgit dans la mêlée, habillé d'une belle robe de chambre
en soie jaune, et tenant une courte rapière d'allure peu mençante. Calmement, il écarta de sa dignité un des deux groupe de clients, par quelques mots et cris bien choisis :
«Mais quel insupportable capharneaum, comment voulez vous dormir dans de telles conditions !! ... Ah, vraiment, je me plaindrais
à notre hôte ! Hola ! Mais que se passe t'il donc pour justifier un aussi bruyant atroupement en la mi nuit ?
En guise de réponse, les clients de l'auberge se regardèrent les uns les autres, semblant hésiter devant la conduite à tenir, et
probablement reconsidérant leur mouvement belliqueux
Le dénommé Damien fixa Isabelle, toujours toute nue, et le visage teinté d'une sorte d'admiration pour son sauveteur
providentiel.Il lui souria avant de s'adresser à elle, sur un ton doux :
« Ma dame, si vous désirez en un tel lieu conserver un accoutrement aussi minimaliste, je vous suggère de prendre votre
écuyer et de me suivre immédiatement dans mes appartements. Vous y recevrez ainsi l'assurance d'une nuit plus paisible. »
Isabelle sourrit pleinement, et, tout en regardant chaleureusement Damien, elle réunit ses affaires rapidement, puis, toujours
toute nue, lui emboite le pas avec un plaisir certain.
Lancelot, lui, lève les yeux au ciel de manière agacé, se fait porteur de ses affaires ainsi que de celles que lui laissaient à
porter Isabelle.
les clients se séparèrent, pour un à un regagner leur couche en maugréant
En rendant son sourire à la belle qu'il ne cessait de regarder, le marchand, accompagné de ses nouveaux hôtes, regagna ses
quartiers, la plus grande chambre de l'hôtel, presqu'une suite en fait.En marchant, il tenait la jeune fille à la taille.Et semblait s'en délecter.
Evidemment, cela agacait prodigieusement son ami chevalier.