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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 06:05
Après un travail acharné, j'ai fini par créer le forum dont je parlais ici :

http://ecritureludique.forumcrea.com/index.php

La bonne nouvelle c'est que, moyennant quelques derniers ajustements pour faciliter la compréhension, la communauté d'Ecriture Ludique peut désormais revivre ... immédiatement !

Il ne manque que ses membres, anciens et nouveaux et le système mis en place garanti que la charge de travail est potentiellement dispatchable, contrairement à avant.

En attendant des volontaires au poste de Scribe, garant de l'existence durable et efficace de la nouvelle communauté, j'assurerais bien entendu tout seul toutes les taches ... donc n'hésitez pas à vous porter volontaire au rôle de scribe d'autant plus que il n'y a aucune obligation d'action, c'est juste fortement apprécié ^^

La communauté, et ce forum est toujours et plus que jamais à vous, et son destin repose dans vos mains :)

Merci de votre attention, et je l'espère, de votre prochaine inscription ^^

Par itikar - Publié dans : EcritureLudique - Communauté : Ecriture Ludique
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /2009 01:48

Lancelot mis le petit bois dans le feu. Il ne tarda pas à prendre, et à crépiter dans les flammes.

Cette tâche finit, il se tourna vers Isabelle. Le feu lui nimbait toute une moitié du corps d'un halo lumineux l'imprégnant de mystère, et il lui demanda :

"Mais ma Dame, me diriez-vous d'où vous avez appris à vous battre ainsi ?"

Les yeux d'Isabelle alors se perdirent dans les flammes. Il lui semblait que celles-ci se combinaient pour donner naissance à des formes : une colline qui surplombait une mer azurée, et au-dessus, une sorte de chalet paisible au design unique ... Elle dit en chuchottant presque, tant la vision lui fit se senir en paix :

"Oui, ami chevalier ... J'ai commencé à apprendre le kali autour de mes dix ans. Et bien plus encore, j'ai appris quand et comment planter des tulipes ..."

"Qui enseigne cela ? et où ?"

La jeune fille réfléchit. Elle se demandait si son compagnon était digne de recevoir le secret qu'elle s'aprêtait à révéler ?

"Oui se dit-elle. Il le mérite"

Elle se retourna et, regardant droit dans les yeux de Lancelot, livra d'une traite :

"Ma mère Morgane est magicienne. Elle a appris de Merlin les arts apothicaires et alchimiques les plus cachés. Une des plantes qu'elle utilise en décoction a le pouvoir de faire tomber en profond sommeil quiconque la respire. Dans cet état, la "transia" disent les druides, et en prononçant les bons charmes, le corps peut laisse échapper son anima, son âme, et ainsi libérées, traverser en un instant les distances les plus grandes. Ainsi, les âmes de ma mère et de moi ont pénétré ce domaine filandreux qu'on nomme l'Astral et gagné les recoins du monde les plus lointains, tout cela sans bouger réellement et à la vitesse de la pensée.
Vers cette époque, nous prîmes ainsi par une forme de metempsychose partiellement possession de deux corps de jeunes gens aux yeux légèrement bridés et d'origine lointaine qui avaient été adoptés par un vieil homme savant. Sous son égide, ils apprenaient un noble et efficace art martial : le kali-Eskrima."

"Pendant des années, J'ai possédé et accompagné dans son entrainement la dénommée Mia, une petite guerrière sauvage et volontaire dont le vieux maitre était très fier." Ma mère possèdait son frère, et dès que possible elle évitait les entrainements qu'elle considérait comme rébarbatifs et sans intérêts.Je crois que la seule chose qui comptait pour elle c'est que moi, je sois attentive. Avant longtemps, je me retrouvais seule devant mon maitre pendant que mon frère - ma mère - se baladait ou faisait une sieste."

"Je ne sais pas où on se trouvait... ni quand ... Lorsque je posais cette question à ma mère, elle répondait invariablement :"dans le ventre du dragon, ma fille."

Circonspect, Lancelot ne croyait pas un mot de tout ceci, et il imagina plus volontiers que sa jeune amie soit tombée sur un champ de champignons hallucinogènes. A défaut d'avoir vraiment vécu tout cela.

Pourtant, se dit il, il connaissait désormais suffisamment Isabelle pour la sentir sincère, et c'est empli d'interrogation qu'il lui demanda doucement :

"Euh ... Mais quel rapport avec les tulipes .."

Isabelle cette fois ne répondit pas. Ses yeux étaient de nouveau fixés au creux des flammes du feu de camp. Et n'en bougèrent ce soir là que pour se faire annoncer à Morphée ... Chemin faisant vers le sommeil, elle songeait à l'ultime leçon de son ancien maître ... peut-être la plus importantes entre toutes.

- Mia, que fais-tu donc avec ce bulbe ?"

- Mais, Maître, vous êtes très malade, je crois bien que vous allez mourir.Alors ... pour vous faire hommage, je suis allé chercher une tulipe pour vous ... Après ... quand ce sera fini, je la planterais ...

Sur sa couche d'agonie, le vieux guerrier dit en tentant un sourire :

"Non, Mia ... tu le sais pourtant ... nous plantons une tulipe en l'honneur d'un ennemi valoreux mort suite à un combat contre nous ... Moi, je ne suis qu'un jardinier."

Ce furent les dernières paroles qu'Isabelle entendit de celui qui, par l'intermédiaire de sa soeur astrale philippine, lui enseigna pendant de longues années le Kali. Et tout autant son dernier voyage dans cette contrée irréelle. Lorsqu'elle reprit conscience dans les vapeurs de fumée, elle se revoya étendue dans le salon de sa mère. La seule chose étrange qu'elle ramena de son "rêve" fut un bulbe de tulipe, coincé entre ses seins.

Par itikar - Publié dans : Isabelle de Cornouailles
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 18:43

Le lendemain, le négociant nos deux héros se levèrent tôt. L'orage de la nuit avait fait humblement place à un matin radieux, et c'est sous un beau soleil matinal qu'Isabelle et Lancelot du Lac quittent l'auberge.

 

            Isabelle vibre littéralement, toute heureuse de chevaucher à travers champs mais le jeune chevalier arbore quantà lui un air maussade. Il n'avait pas apprécié ni qu'Isabelle le fasse coucher par terre pendant qu'elle partageait le lit du dénommé Damien, ni qu'elle lui demanda de quitter la chambre ce matin pendant qu'elle prenait son bain juste devant son rival, et en fait il ne parvenait plus à défaire de son esprit l'image de la jeune fille nue au point où il se surprend à la voir de temps à autre comme chevauchant dans le plus simple appareil.C'est bien sûr une pure vue de son esprit. Il le sait bien, mais ce que cela suppose le glace ... Autant sa foi en Dieu que son scepticisme envers la sorcellerie ancienne enflait avec le temps et il ne pouvait donc accepter vraiment l'intuition, renforcée par les événements de la veille, qui le tenaille. Isabelle a t'elle le pouvoir magique de séduire qui elle veut ? ...

 

            Qu'importe ... Via quelque sortilège pervers ou de manière on ne peut plus naturelle, elle le possédait lui totalement et irrémédiablement, et il en etait encore plus conscient depuis la frustration ressentie ce matin. En voyant Isabelle et son Damien mener leurs chevaux l'un à côté de l'autre, et souvent riant de manière bon enfant à quelques plaisanteries adulescentes, il avait l'impression d'avoir affaire à deux jeunes amants. Pourtant, nul bruit n'avait trahi cette nuit là une quelconque activité sexuelle du côté de leurs lits.

 

(le noble [l'elfe en fait] les invite à venir en ses terres en evitant les routes - soit-disant controlées par Mordred - et en profite pour les mener dans les "griffes" des Dames du Lac ; celle ci a compris que le temps pressait et estime qu'Isabelle doit etre detournée au plus vite)

 

Par itikar - Publié dans : Isabelle de Cornouailles
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 15:00

Les deux chevaliers traversent la lande au galop, plein ouest, prenant la direction du duché de Cornouailles.  Ainsi, ils parviennent bien après le crépuscule au devant d'un enclos en bois, construit en haut d'une petite colline en bord de la route. Ils cassent leur allure et font halte, trempés dans leurs armures qui grincent et paraissent toutes sombres dans la nuit,  devant une large porte sur laquelle un écriteau indique « Auberge de Cantersburry». Celle-ci étant fermée, Lancelot considère une cloche qu'il fait teinter vigoureusement. Quelques minutes suivent et , alors que Lancelot passablement énervé va sonner une deuxième fois la cloche, un homme ouvre une petite fenêtre un bon mètre plus haut pour scruter les visiteurs.

 

-         C'est pour quoi ?, hurle le rustre en couvrant la pluie.

-          C'est pour votre devoir d'hospitalité, roturier !, rétorque Lancelot.

 

Le rustaud hésite plus qu'il ne faut, maugréé quelques instants, puis ferme le volet et hurle derechef un « Damien! » habituel.Il s'en suit quelques craquements de bois, qui suggère la descente d'un viel escalier vermoulu, puis bientôt un son évoquant le jeu d'un petit madrier qui coulisse dans un anneau métallique juste derrière la porte. Enfin, la lourde porte grince en s'ouvrant, dévoilant dans la lueur des torchères une avant-cour, et un petit sentier boueux contournant une bâtisse en pierres solides, dont la faible lumière empêche de voir la taille.   Devant les chevaliers, l'homme, un bossu bien costaud, fixe la deuxième porte à un mur    via un crochet en fer et un jeune garçon, la douzaine, juste portant sur lui deux pièces de   lin grisâtres rapiécés trempés à en dégouliner, court vers eux et se saisit de leurs deux rênes. Nos héros descendent alors de cheval, et le gamin mènent alors ceux-ci précautionneusement sur la sente de l'écurie, tâchant d'éviter de glisser et de s'étaler dans la gadoue.

 

Lorsque Lancelot entre dans la salle principale de l'auberge, seuls quelques uns des clients amassés sordidement dans le lieu, une grosse vingtaine de paysans, de vagabonds et de mendiants, rompt alors leur monotonie pour regarder furtivement ce nouveau venue. Le chevalier s'est couvert, tout comme sa compagne qui le suit, de sa longue couverture de tissu afin de se sécher, et c'est ainsi accoutré qu'il se campe devant l'aubergiste, avachi, aviné, sur son comptoir. Il lui dit :

 

-         Le souper et une chambre avec vue sur la cour, pour moi et ma compagne, vite !

-         Brrr ... Ne parlez pas si fort, ma tête cogne, ... pffff ... pour le gîte, j'suis complet, vous devrez aller dans la pièce commune, mes seigneurs.

-         Comment ?! Vous osez nous proposer de partager notre couche avec des vulgaires manants, aubergiste ?!! tonne Lancelot.

 

Isabelle, qui avait gardé son heaume et était donc méconnaissable, de tête comme de corps, semblant être un simple soldat, ou bien un frêle chevalier, chuchotta alors par derrière son ami :

 

-         Laissez donc, cela m'ira. Je suis fourbu et tant que le sol est plat, j'y coucherais bien. Et puis, évitons les esclandres, les chose ont changé dans le pays, et il n'y a plus pour nous le respect de naguère ...

 

Lancelot se retourne et va protester, quand Isabelle retire son heaume et libère sa chevelure de feu en la secouant avec charme, statuant presque tous les simples gens de la salle sidérés de voir une femme si jolie dans une armure de chevalier. L'aubergiste est comme hypnotisé par ses yeux verts.Isabelle lui sourit pleinement, et lui dit en susurrant :

 

-         Merci, la salle commune nous convient.

 

      La formalité du coucher acquittée, ils s'installèrent alors à une table près d'un agréable feu de cheminée revigorant, goutant enfin au repos et au plaisir de se retrouver loin de la pluie glacée.


C'est alors que la porte s'ouvrit en grand sur un singulier et exubérant personnage.Il était vêtu d'une épaisse tunique verte, sombre pour le pantalon, et un peu plus clair pour la veste aux boutons blancs reliés de fil d'argent.
Une belle cape sombre en soie brillante partait de son cou jusqu'à ses bottes de cuir noir, et une rapière dotée d'une complexe garde ouvragée d'arabesques ballotait à une délicate ceinture de cuir marron. Il ne portait aucun sac de voyage sur lui et avait un large serre tête métallique argenté dans ses cheveux qui rappelait l'avancée d'un casque d'apparat romain.Ainsi, ses longs cheveux blonds étaient maintenus en arrière sans passer au devant de ses yeux.

Le nouveau client entra à large enjambée dans la salle et s'adressa en ces termes au tenancier du lieu :

- Hola, aubergiste ! Venez à moi séant accueillir le haut chantre du négoce de l'Ouest de la Brittanie que je suis ! J'ai envie forte de ripaille et de cochonnaille et j'ai sur moi plus d'argent que vous n'en verrez jamais dans votre misérable vie !

Il prononça la dernière remarque en plissant malicieusement la bouche et en lançant vers le propriétaire une bourse à coup sûr confortablement garnie.

Les joues de celui-ci passèrent instantanément d'un rouge cramoisie par la colère d'avoir été insulté à une teinte rosie par la joie, dès que le sac de louis d'or atterrit dans la paume de sa main.
C'est avec un grand sourire forcée que l'obséquieux répondit à son nouvel hôte :

- ... Monseigneur est bien bon, ma cuisine et mon auberge seront vôtre ce soir ...

Le gentilhomme se dressa de toute sa taille, bras légèrement plié avec ses deux poings posés au niveau de la ceinture, et toujours en souriant répondit avec la même bravade :

- C'est bien, je n'en attendais pas moins.

Il donna un coup d'oeil circulaire autour de lui, comme pour jauger les nombreux clients dispersé dans l'auberge.
Se faisant ses yeux qui s'étaient rapidement désintéressés de Lancelot, s'arrêtèrent sur Isabelle. Il eut un sourire immense et sans cesser un instant de la regarder sans ciller, il fit avec force cérémonie et de nombreux moulinets de la main quelques pas vers elle.

- Belle damoiselle, votre présence ici embellit ce lieu d'un trop rare parfum de fête.

Permettez-moi de vous offrir ce repas, à vous et votre écuyer, et de me présenter comme il

se doit. Je suis Damien de la Roche Feuille, chevalier de Brocéliande par origine, et

marchand itinérant par dépit. Vous êtes assurément de grande lignée, cela se sent à votre

prestance, mais puis-je me permettre de vous demander à qui j'ai l'honneur de parler ?

Isabelle, qui n'avait prêtée qu'une vague attention amusée à entendre l'homme, par ailleurs

charmant, traiter Lancelot du Lac de simple écuyer, s'anima carrément d'intérêt lorsqu'elle

l'entendit parler de Brocéliande, au point où, tombant bas sa couverture, elle se présenta

de manière détendue et ouverte, délaissant toutes règles de prudence à la stupéfaction

outrée de son compagnon d'arme.

 

- Maitre négociant, vous êtes face à la pas encore bien célèbre Isabelle Pendragon,

chevalier d'Arthur depuis peu. Que fait donc un gentilhomme dans ces contrées barbares ?

 

L’étranger prit, avec un peu trop de bienséance pour être honnête nota Lancelot, un air contrit,

Et c’est sans superbe qu’il s’installa à leur table, pour commencer un long récit, à peine coupé par les échanges  avec l’aubergiste venu discrètement lui apporter pitance. Au fur et à mesure du conte, Lancelot, qui s’agaçait intérieurement de plus en plus face à la théâtralité entièrement maitrisée de l’arriviste,  put voir les yeux d’Isabelle passer de divers états, tous trahissant de grandes émotions. Il put ainsi voir combien la jeune femme était communicative rien que par ses attitudes, ses yeux … Bien sûr, notre brave chevalier fut sans cesse charmé par les teintes d’intérêt, d’étonnement, de curiosité, de frayeur, d’attente, de joie, de soulagement et d’admiration  que les deux émeraude d’Isabelle prirent selon les faits, forcément hauts, de ce chevalier parlant d’une époque révolue.  Étonnement jeune pour avoir vécu tant de choses, ne manqua pas de remarquer Lancelot. Et où voulait-il en venir au fait ?

 

Certainement d’adroites tentatives pour mettre la jeune femme en envie d’écarter les pattes devant lui, conclua-t’il ce soir là.

 

Isabelle s’anima, selon l’intensité des moments racontés, de grandes émotions effectivement. Elle se sentait vraiment non pas séduit – car comment aurait-elle pu l’être d’une personne de ce sexe ? – mais plutôt complètement transportée au côté de l’aventurier comme si elle aussi avait à son côté vécu tout cela ! L’étonnant pouvoir des mots …

 

En fait, Damien lui conta son histoire comme si il lui récitait, avec tout le théâtre idéal, le livre de sa vie. Et elle, avait bu littéralement le flot ininterrompu de ses paroles.

 

Lancelot du Lac l’ignorait encore alors, mais il avait été le fils du roi breton Ban de Benoïc, une icône légendaire aussi célèbre pour les vivants de l’époque que n’allaient le devenir Arthur et Uther pour les générations à venir. Le dénommé Damien commença son histoire en évoquant son enfance bienheureuse auprès de Ban, en ces temps où Lancelot, alors enfant, n’était pas encore devenu le chevalier maudit qu’il est aujourd’hui et où l’idée même de la conception d’Isabelle n’était qu’un élément de plus qu’avait minutieusement tissé la destinée qui tendait vers la Morte.

  

L'invasion de l'Armorique qui suivit commença de la plus perfide des façons ... Bien après la rupture affective et politique entre ban et son frère Bohort, celui-ci invita le dernier a se réconcilier en partageant de très fraternelle façon une semaine de ripailles et de libanies, à l'occasion d'un grand tournoi inter nation - où se couvrit de gloire très notablement un certain Arthur Pendragon, alors tout juste nouveau roi de Haute Bretagne après avoir su retirer

l'épée du rocher.Un autre grand monarque manquait lors de ses fameuses réjouissances : le roi Claudas, car il profita de l'éloignement de l'armée d'élite du roi Ban de Banoic pour envahir l'Armorique. Personne n'ignorait à l'époque la nuit dramatique où la forteresse de Ban fut incendié avec tous ses résidents, empêchés de sortir par l'armée de Claudas qui lui faisait siège et massacrant impitoyablement tout groupe cherchant à échapper aux flammes.

De même, ce deuxième haut fait d'Arthur - lorsqu'il déferla en Armorique certes un peu trop tard avec Ban et Bohort pour tenter d'en bouter Claudas le traitre - lui fit l'honneur ensuite de porter le titre de preux. L'exploit ne rivalisait certes pas avec la fougue dont il fit preuve quelques jours à peine après le début de son règne lorsqu'il partit en aide du seigneur Leodegrand de Cameliar assiégé par les seigneurs félons qui avaient refusés qu'un simple écuyer devienne leur nouveau roi. Mais, le courage d'Arthur fut en quelque sorte confirmé lors de la toute dernière bataille de Ban, lorsqu'il n'hésita pasavec quelques fidèles compagnons, plus tard tous adoubés chevaliers de la Table Ronde en remerciement de leurs exploits successifs, à tenter de lui venir en aide, à un contre cent...


Isabelle connaissait comme tous les nobles cette histoire - de celles dont elle aimait tant se délecter bien sûr - mais elle fut grandement étonnée par la partie cachée que lui apprenait à cet instant même Damien, qui lui narra comment il sut se glisser sans bruit jusque dans la tente du roi Claudas, pour lui ordonner de rappeler ses troupes qui s'apprêtaient à éliminer sans pitié le roi Arthur et sa clique. Juste après, en la menant dans un sombre et antique

tunnel secret, avoir sauvé du bûcher la reine Elaine, si belle épouse du roi Ban, dont on disait qu'un peu du sang d'Ygren - celle qui fut involontairement à l'origine de l'incroyable destinée des Pendragons et avec elle de toute la Bretagne du Moyen-Age à venir - coulait en elle.

Nulle doute, se dit alors Isabelle, que le roi Ban aurait réfléchi à deux fois avant son assaut suicidaire, s'il avait su que sa femme avait grâce à Damien ,dont elle avait il y a quelques minutes apprit le statut de champion de sa reine, survécu.


"Etonnantes choses que les carrefours de l'histoire des hommes", pensa t'elle, toute émue, et regardant avec un respect nouveau et brillant le noble chevalier de Brocéliande.


(il parle de lui, de la fin du royaume de Brocéliande - en fait, celui de Ban de Benoic le pere de lancelot ... - et raconte une  etrange histoire qui capte isabelle car ayant rapport avec le graal ...elle se dit que la piste doit la mener en france...)

 


Très vite, c'est un aubergiste tout sourire qui se démène à monter leurs affaires à l'étage dans un large couloir qui servait de dortoir. Emboîtant le pas de leur guide, Lancelot et Isabelle considèrent bientôt le lieu bruyant où ils vont passer la nuit : sombre et peu salubre, c'était ça et là dès le haut de l'escalier amoncellements de couvertures, tissus jaunis et le plus souvent déjà occupés. Dans ce cas, un ou deux corps, ou même d'avantage, des deux sexes, en étaient recouverts, tantôt dormant, tantôt mues en pleine relation charnelle et poussant des soupirs d'une évidente nature. Ici règnait à cette heure tardive le stupre et la débauche. Aux extrémités de la large pièce, quelques portes, fermées, devaient mener à des chambres individuelles.

 

Pendant que lui et son amie retirait l'une après l'autre leurs pièces d'armure, Lancelot envie alors les clients sans doute retranchés derrière. Entendant un bruit de vêtements empilés derrière lui, comprenant qu'Isabelle se dénudait alors, il prie intérieurement pour que nul cul-terreux ici présent n'aperçoive son corps bien trop appétissant. Il se dit qu'il aura peut-être à jouer de son épee pour faire face. Puis, il voit Isabelle, éreintée, se glisser nue dans sa couverture, et trouver très vite son sommeil. Lui-même rapidement n'en peut plus, malheureusement, et il s'endort, conscient que tout peut arriver mais pourtant extrêmement heureux de sentir tout contre lui le corps chaud de sa belle qui se serre tout contre pour se réchauffer.   

 

Plus tard dans la nuit, la foudre tonne dehors, et parfois, transperçant dans une vive lueur les quelques vitres grossières tenant lieu de fenêtres au dortoir, un éclair crève la noirceur ambiante. Nuls ne bronchent car tous dorment à poing fermé. Soudain, un éclair différent fait auréoler une sorte de très longue silhouette sombre, tout à fait effrayante, s'étalant comme une ombre chinoise sur le vaste plancher. L'ombre recouvre totalement nos héros, puis meurt immédiatement après l'éclair. Il y a alors une sorte de sifflement à peine audible, et les petits cliquetis des gouttes de pluie rebondissant sur les pavés, se font soudain beaucoup plus bruyants dans le noir dortoir. N'eusse été leur grande fatigue, les deux chevaliers auraient été réveillés par le courant d'air froid et humide qui maintenant souffle sur leur couverture.

 

L'éclair suivant met en évidence un homme roux, aux traits masqués par un foulard, mais frêle et habillé de toile brune. Il serre fortement entre ses mâchoires un coutelas affilé, tout en abaissant doucement la couverture couvrant Lancelot et d'Isabelle.Une fois libérée, la poitrine opulente de la jeune femme surgit par effet de ressort, juste sous le nez de l'intrus, qui pousse un long gémissement de surprise et de désir.Cela a pour effet de faire grogner Lancelot, toujours dormant, et l'individu, décontenancé,  fait un bond en arrière, tout en dégainant son arme.

Se faisant, Il trébuche sur une couverture, malmenant les jambes d'un homme qui dormait juste derrière.Celui-ci bondit en hurlant : « Hé!Toi, qu'est'tu fai ?!! »

Mais, déjà, l'être s'est propulsé au travers de la fenêtre toujours ouverte, pour se rétablir adroitement sur les pavés, et disparaître dans la nuit.

L'individu bousculé par le singulier monte-en-l'air allume une chandelle et Lancelot se réveille en sursaut. Il voit d'abord que la fenêtre est ouverte, et que le vent s'infiltre donc dans la pièce. Puis, il voit que les proches occupants du dortoir se sont tous réveillés et reluquent abondamment les seins de sa compagne, désormais réveillée par l'agitation.


Tous les occupants du dortoir spartiate furent comme statufiés par le spectacle qu'offrait la jeune Isabelle, torse nue, la couverture grossière qui couvrait une bonne partie du bas de son corps tranchait avec force avec la jolie perfection de ce qu'elle exhibait désormais à la vue de tous les pauvres hères. Elle se mit ainsi debout.

Il y eut comme une tension, portée par des dizaines de paires d'yeux lubriques où brillaient parfois la démence, et accentuée par des mouvements de foule de plus en plus nerveux. Certains voyageurs s'approchaient dangereusement du couple, qui fut bientôt encerclé. Lancelot dégaina sa mortelle épée, une détermination teintée d'une once de folie brillant dans son regard. Isabelle maintenait toujours son bout de tissu, une main pour cacher ses chairs les plus intimes, l'autre plaquant un autre bout sur un sein. Cela eut pour résultat de mettre tout à nue ses fesses, et d'ainsi involontairement flatter les instincts voyeurs de ceux qui se massaient dans son dos.

La jeune femme comprit que si les choses s'envenimaient et que le chevalier ne parvenaient pas seul à faire face, elle devrait laisser tomber bas la couverture, se jeter sur Excalibur qui l'attendait pas loin, et se battre avec elle toute nue. L'idée de s'exhiber de la sorte tout en faisant place nette la fit glousser de plaisir.


Elle lâcha le maigre rempart qui protégeait ces chairs roses, et la couverture sans bruit s'affaissa sur le parquet pendant qu'elle enserra la garde d'Excalibur de ses mains. Puis, elle plaqua ses fesses sur le bassin de Lancelot, et lui tourna le dos en levant la sainte lame de manière menaçante.Elle était prête à massacrer tous ceux qui se rincaient l'oeil depuis dix minutes.Et ça se voyait sur son visage.

Lancelot était en pyjama de toile, aussi il n'eut aucune peine à sentir, pour la première fois, les fesses d'Isabelle contre les siennes. Ce fut pour lui un moment si érotique qu'il perdit presque conscience de la meute d'indigents qui grondaient devant lui, manifestant tous comme une litanie une sourde envie de prendre sa compagne, qu'il savait nue devant eux à cet instant. L'imagineant sans défense - il était si troublé qu'il n'avait pas compris qu'elle venait de brandir Excalibur, justifiant sa nudité - il se reprit suffisamment pour garder sa position et ainsi la garder des assaults qui pourraient venir de ce côté.

Le chevalier connu un bref dilemne : il ne désirait pas tuer tous ces hommes, pourtant s'il ne les attaquait pas à ce moment précis, il ne pourrait pas empêcher ceux qui avancaient dans son dos de s'attaquer à Isabelle.
Il choisit en un éclair, et c'est avec une joie malsaine qu'il leva son épée de chevalier en hurlant : "Montjoie !!! Saint Denis!!"

Les agresseurs eurent alors l'impression de voir le paladin se transformer comme si des appendices cornues avaient en un instant poussé au milieu de ses cheveux et que ses yeux devenaient cerclés de feux. Alors qu'il leur sauta à la gorge, ils reculèrent d'un pas tous en même temps.Non, pas tous, car, de l'autre côté, il n'y a que la bouche qui s'ouvra,bée devant le spectaculaire strip tease improvisée de la jeune guerrière blonde qui les défiaient d'un air glacial.

Un événement eut lieu qui empêcha la situation de dégénérer à vitesse grand V : le jeune marchand alors vêtu de riches drapés exotiques surgit dans la mêlée, habillé d'une belle robe de chambre en soie jaune, et tenant une courte rapière d'allure peu mençante. Calmement, il écarta de sa dignité un des deux groupe de clients, par quelques mots et cris bien choisis :

 

            «Mais quel insupportable capharneaum, comment voulez vous dormir dans de telles conditions !! ... Ah, vraiment, je me plaindrais à notre hôte ! Hola   ! Mais que se passe t'il donc pour justifier un aussi bruyant atroupement en la mi nuit ?

 

            En guise de réponse, les clients de l'auberge se regardèrent les uns les autres, semblant hésiter devant la conduite à tenir, et probablement reconsidérant leur mouvement belliqueux

 

            Le dénommé Damien fixa Isabelle, toujours toute nue, et le visage teinté d'une sorte d'admiration pour son sauveteur providentiel.Il lui souria avant de s'adresser à elle, sur un ton doux :

 

            « Ma dame, si vous désirez en un tel lieu conserver un accoutrement aussi minimaliste, je vous suggère de prendre votre écuyer et de me suivre immédiatement dans mes appartements. Vous y recevrez ainsi l'assurance d'une nuit plus paisible. »

 

            Isabelle sourrit pleinement, et, tout en regardant chaleureusement Damien, elle réunit ses affaires rapidement, puis, toujours toute nue,  lui emboite le pas avec un plaisir certain.

            Lancelot, lui, lève les yeux au ciel de manière agacé, se fait porteur de ses affaires ainsi que de celles que lui laissaient à porter Isabelle.

 

            les clients se séparèrent, pour un à un regagner leur couche en maugréant       

 

            En rendant son sourire à la belle qu'il ne cessait de regarder, le marchand, accompagné de ses nouveaux hôtes, regagna ses quartiers, la plus grande chambre de l'hôtel, presqu'une suite en fait.En marchant, il tenait la jeune fille à la taille.Et semblait s'en délecter.

 

Evidemment, cela agacait prodigieusement son ami chevalier.

 

Par itikar - Publié dans : Isabelle de Cornouailles
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 14:57

Le roi prend alors congé de ses hôtes, et Isabelle passe devant Lancelot, qui l’attend pour lui prêter son soutien,  d’un air fier et décidé. Son empressement fait s’écouler vite le sang qui se déverse de son épaule et Lancelot l’agrippe donc au poignet :

 

-         Belle Dame, vous fûtes blessées, donc ralentissez votre pas, que je puisse vous supporter jusqu’à la salle des soins. Il sera bien tôt le temps de nous hâter !

 

La jeune femme se rétracte :

 

-         Point n’ai besoin de votre généreuse aide, chevalier, je suis capable de marcher normalement. Conduisez –moi à l’officine, ce sera bien assez.

 

Le champion obtempère, et ils arrivent ainsi à la salle des soins, size dans la deuxième moitié de l’abbaye royal, balisant leur passage de chaudes gouttes de sang tant qu’un vampire aurait volontiers suivi leur trace.

 

Il n’y a point de malades ce jour là à l’infirmerie, et en l’absence de Blaise le personnel est accorte et amène.  

 

De fait, une soeur plutôt jeune, moins de la trentaine, blonde comme Isabelle, mais arborant chevelure moins épaisse et poitrine plus menue, vint avec un bandage pour en envelopper l’épaule de la jeune guerrière.

Celle-ci a un sourire, elle est réjouit de l’attention de la femme, l’accueillant comme s’il s’était s’agit  d’une caresse.

La dame de secours s’adresse à sa jeune patiente avec un grand sourire dès qu’elle pose une main sur son épaule nue :

 

- Ma Dame, vous avez une peau de lait, et pourtant vos os sont solides comme plusieurs rocs, après un bon massage votre blessure ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

 

Isabelle aurait très bien pu revivre en rêves alors les heureux moments qu’elle avait tantôt passés avec Juliette. Mais elle était peu romantique, et c’est tout logiquement à la belle infirmière que ses pensées vont. Elle lui rend son sourire, et Lancelot a presque la vision d’un soleil entre les deux jeunes femmes.

Il se sent étrangement un peu gêné, et a envie de prendre congé de sa protégée :

 

-         Chevalier, ma belle amie, je vais donc vous laisser, je vous sais en de bonnes et chaleureuses mains maintenant. Prenez votre temps et retrouvez-moi ensuite en ce couloir.

 

Mais Isabelle a besoin de Lancelot pour la mettre au courant des affaires de Camelot, aussi elle le somme ainsi de rester à son chevet durant ses soins :

- Beau chevalier, je n’ai point envie que vous me laissiez si vite. Venez à ma couche, vous vous asseirez à mes côtés et je vous écouterais.

 

Sachez-le, en ce temps, tout chevalier devait obéir aux sollicitations des dames, si tant est que celles-ci soient raisonnables. Il n’était par conséquent pas du tout envisageable pour Lancelot de décliner l’invitation, et il s’en réjouit un temps étant donné ce qui suit.

 

 L’infirmière couche Isabelle dans un lit de fortune, guère plus confortable que le hamac d’un soldat, et pour avoir meilleure aise, dénude tout son torse, tant que jaillit aussi belle que cela puisse être sa merveilleuse poitrine sur laquelle se polarise les yeux du chevalier tout le long de la séance.

 

Notre jeune héroïne a l’habitude de rendre fou de désir tout mâle la voyant nue, même partiellement.  Aussi, elle s’amuse à en rajouter une couche, en décochant à Lancelot un sourire qui aurait ravivé le désir d’un eunuque.

 

Lancelot tient bon, bien sûr, et, prenant exemple sur son compagnon Gauvain bien connu pour être l’insatiable amant de toutes les dames de Camelot, il réussit un court moment presque à sembler blaser bien que ses yeux ne peuvent regarder autre chose que alternativement chaque mamelon de seins d’Isabelle, parfaits aréoles.

  

Il s’adresse de la sorte à la source de ses désirs :

 

-         Que désirez-vous entendre sur la matière de Bretagne, ma Dame ?

 

-         Tout ce qui bouleverse le royaume du roi, beau Sire.

 

-         C’est là longues et multiples histoires

 

-         J’en prendrais tout le temps.

 

-         Mais par quoi donc commencer ?

 

-         Mordret.

 

-         …

 

La masseuse silencieusement couvre et recouvre, toute en caresses délicates, les meurtrissures de l’épaule de sa noble patiente, et sa grande douceur arrache très vite des soupirs onctueux à la jeune demoiselle, qui en arquant ses épaules et son dos les accompagne d’un dressage et d’un raffermissement de ses seins.

La guérisseuse s’étonne de cette réaction presque érotique – tout à fait en fait à vrai dire - bien que Lancelot ne relève pas, tant il est concentré sur le côté d’Isabelle. Il a commencé son conte.

 

-         Mordret fut en un noir soir conçu par Arthur et une inconnue qui possédait semble t’il bien des connaissances dans l’art des sorts. Par magie elle soudoya notre bon roi, pour l’amener sur elle après de ses maléfices s’être fait belle ribaude. Très rapidement, bien plus que la nature ne le peut, Mordret semblait en avalant ses jeunes mois parcourir des années. Et aujourd’hui, le fils batard d’Arthur, même pas dix ans après sa naissance, est  animé de l’énergie de sa trentaine, beau jeune homme roux au torse vaillant. Arthur tout d’abord s’enorgueillit d’avoir un tel fils, en tout point formidable, en toute situation le meilleur parmi les meilleurs … Jusqu’au jour où … glups … …. Mordret fut fêté tout en haut … tout en haut de la colline … circulaire qui domine la vallée d’Or, par le sommet fièrement érigé de sa croix rose … que les anges agitent par la sueur né du battement vigoureux de leurs ailes … … …

 

Isabelle venait de faire des siennes, bien sûr. Tout en soupirant, faisant monter et descendre ses seins plus que physiologiquement à chaque respiration, et sans cesser d’écouter le chevalier qui la matait ouvertement, elle prit doucement de ses deux mains les poignets de la douce religieuse et sans un mot posa ses doigts experts sur ses seins.

La femme de foi devint toute rouge, mais Isabelle appuyait et faisait mouvoir les mains de l’infirmière tout autour de ses seins, déjà très excité.

Celle-ci, pourtant pleinement hétérote,  sentit grande joie à caresser, serrer, pétrir les plus beaux atouts féminins qu’elle n’avait jamais vu : ces seins étaient d’une douceur sans pareil, et d’une chaleur aussi … que rapidement les caresser devenaient un exercice infiniment plaisant. Si bien que Isabelle, pour mieux profiter de son excitation,  put vite déplier chastement ses propres mains, car ses seins étaient adroitement et dans tous les sens sollicités maintes et maintes fois par la religieuse, complètement enfiévrée.

 

C’est entre deux soupirs de plaisir, Lancelot commence à voir une aire humide augmenter sur la soie de la robe de son amie au niveau de son entrejambe, qu’Isabelle lui parle dans un soupir :

 

- Mon beau chevalier … mmmm … Continuez votre récit, il me réjouit tellement …

 

Alors, Lancelot dans un effort surhumain, parvient à retrouver son sérieux et un calme apparent lui apparaissant pourtant totalement saugrenue dans de pareilles circonstances lui permet de continuer son récit. Parce que le plus innocemment du monde, Isabelle lui demande de ne pas se laisser déconcentrer par la manière dont son infirmière la « soigne », son champion se met à lui parler de Mordret. Même les excitants gémissements de sa dame, se faisant de plus en plus forts et fréquents, tant elle progresse sur le chemin de la jouissance, ne le coupe dans son rapport.

 

Jamais cependant rapport ne fut déclamé de manière aussi haché de soupirs de gêne ou de joie.

 

Ainsi, entre chaque nouvel élan de plaisir grivois, la belle guerrière apprend toute l'histoire de Mordret. Du moins tout ce qui est arrivé les jours passés jusqu'aux oreilles de Lancelot.

 

Le jour de son adoubement, il se passa un événement que le roi Arthur ne put de toute sa vie jamais digéré. Ce fut la première et la dernière fois qu'une telle félonie arriva dans toute l'histoire des chevaliers de la Table Ronde. Mordret, le meilleur des meilleurs, le fils prodigue ..., alors pour la dernière fois agenouillé devant son suzerain, et son père, se releva de lui-même juste après que celui-ci lui cita la profession de foi du chevalier, celle-là même qu'il y a peu avait entendu Isabelle, et de sa main gantée repoussa violement Excalibur lorsque celle-ci lui administra la collée ! Ce geste incroyable avait un sens on ne peut plus clair : Mordret, désireux d'obtenir les droits du chevalier – le plaisir de la gloire, la force, le droit au territoire, celui de s'unir avec une femme noble, et l'honneur de siéger à la Table Ronde, entre autres – en refusa chaque contrainte. Ce jour-là, l'histoire de la Bretagne d'alors, le glas de sa chevalerie, était déjà écrit.

Ce jour aussi, le roi fut tétanisé par tout ce que cela signifiait. Il n'avait pas réussi à inculquer les plus nobles des valeurs à son fils tant aimé. C'est du moins ce que dit de manière plus ou moins claire Lancelot à Isabelle, car la vérité est que c'est le Démon lui-même qui éduqua le fils indigne.Il fit même bien pire.

Mais Lancelot put par contre instruire notre jeune héroïne sur la manière dont Mordret devint petit à petit le fléau de Bretagne.

La cérémonie d'adoubement cessa dès le geste du chevalier félon car une tempête se leva immédiatement après, là où pourtant le ciel était comme on la dit sans nuage. Même la magie de Merlin, qui savait si bien se faire obéir des éléments les plus déchaînés, et qui à cet instant précis incantait quelques formules antiques, ne put faire mourir la tempête subite. Les gardes qu'Arthur avait sommé de s'emparer de son fils ne purent retrouver Mordret tant il se mit à pleuvoir. Un rideau de trombes de pluie cacha en effet la fuite de Mordret et de ses quelques partisans, tous d'anciens vassaux d'Arthur peu content du traitement que le roi leur avait concocté, et qui avait donc été aisément soudoyé par le traître.

A partir de ce jour, la santé du roi Arthur commença à se détériorer. Son moral aussi. S'en suivit une année de désastres, de famines. Puis deux. Puis trois. L'âge d'or, celui de la bonne fortune du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, céda la place à un âge de Ténèbres, qui année après année, et encore maintenant, accentua la pauvreté des paysans, renforça les ennemis du roi, et fit tomber sur la Terre d'Angleterre bien des maux : maladie, fausses couches, catastrophes naturelles, désespoir. En quelques années, la logique ayant permis au roi Arthur et ses bons chevaliers de triompher de leurs envahisseurs, en profitant de la division et de l'antagonisme de toutes les tribus barbares qui fantasmaient prendre sa place, s'inversa : Mordret, génie militaire brillant d'éloquence et de charisme guerrier, et aidé par un sorcier toujours inconnu, celui-là même que l'on tient responsable de la mort de Merlin, mit fin à toutes les divergences, et réussit l'impossible : unir saxons, angles, et autres minorités barbares contre Arthur...

 

Isabelle, en apprenant cette nouvelle, tressaille dans tous son être : en un instant, la rivière qui coule entre ses jambes sous son drap se tarit, ses seins perdent toute sensibilité aux caresses que lui prodigue encore sa soigneuse, dont elle repousse alors vigoureusement la main qui depuis de longues minutes travaillaient sous sa toison pubienne. La guerrière est altérée par la réalité. Elle comprend en un instant que ce que vient de dire Lancelot signifie que les jours de son monde sont comptés : adieu Arthur. Adieu Camelot. Adieu la chevalerie. Elle voit dans son esprit se former des images ... Des villageois trucidés à la chaîne par les soldats d'élites de Mordret. Des damoiselles violées et torturées sans répit ni pitié. Des champs et des fermes brûlées. Sa mère qui hurle son prénom au milieu d'un bûcher ...

Cette dernière image est soudain pourfendue par celle d'Excalibur, semblant se mouvoir toute seule à la suite d'un rugissement puissant. Derrière les bords de l'image coupée qui finit de se carboniser,  la lame sacrée dévoile une autre scène : un chaudron noir, massif, majestueux, empli d'un liquide grisâtre dans lequel un tourbillon entraîne une sorte de petit vase précieux ... Isabelle comprend alors une partie du symbole seulement. Persuadée que sa quête a vraiment un sens, elle agrippe immédiatement et follement la manche de Lancelot. Elle ne fait par conséquent pas attention à la dernière image, un vieillard qui en ricanant de manière sardonique tourne vigoureusement le liquide du chaudron.

 

Lancelot avait juste avant finit par réussir comme par miracle à pleinement se concentrer sur son difficile récit. Tellement qu'il ne vit pas vraiment la soeur en train de masturber Isabelle, ni cette dernière passée en un seul instant d'un état d'excitation extrême à une  frigidité totale. Tellement qu'il ne comprend pas pourquoi son amie vient de lui agripper durement le bras tout en le regardant avec des yeux brûlants d'une folie née de la peur et de l'horreur. Il ne peut pas comprendre la force des visions prophétiques de la nièce de Morgane.

 

Celle-ci comprend que sa mère est en danger de mort. En ce moment même ou dans quelques jours. Mais surtout elle mesure l'importance que revêt pour elle la Quête du Graal. Elle dit à Lancelot :

 

-         Le Graal, Lancelot ! Parle-moi du Graal. Que peut le Graal !

 

Le champion ferme les yeux. Ainsi, il s'empli de sa foi au Seigneur, et s'en remet totalement à ce qu'est le Graal. Pour mieux l'expliquer.

 

-         C'est la coupe dans laquelle Joseph d'Arimatie receuilla le sang du Christ – que son Nom soit sanctifiée. Il est notre raison d'être. Nous, chevaliers de la Table Ronde, existons pour trouver le Graal, car c'est en ramenant la coupe sacrée au roi Arthur, que nous le guérirons. Et à travers sa guérison, nous guérirons, comme le prédit le Roi Pêcheur, la Terre. Voilà ce qu'est le Graal. Voilà ce qu'il peut. Et pour quoi nous devons le trouver et le ramener.

 

Isabelle fixe le chevalier de manière incrédule. Il ne répond pas à sa question. Ou plutôt, si, il y répond de la seule manière qu'il le peut. Qu'il le doit. Car, le comprend-elle, qui a la foi en un miracle n'a pas besoin de savoir comment le miracle se peut. Pour lui, le miracle est ou sera. Point.

Reste en Isabelle une seule interrogation. Trois fois rien. Est-ce que le Graal le peut vraiment ?

Terrorisée par avance que la réponse soit tout simplement: « Non » elle se dit qu'il lui faudra dès que possible reposer la question à quelqu'un qui n'y croit pas. Peut-être aura-t'elle alors une explication plus savante ? Mais, si oui, à quoi bon retrouver la relique ?

Avalon ...

Les Dames du Lac peuvent lui dire ce qu'il va arriver. Elles, sont les dernières magiciennes, ou presque, elles pourront elles contrecarrer l'avancée de Mordret. Elle sent qu'elle doit se rendre en Avalon. Mais comment pénétrer dans le domaine des Faés ?

Sa mère le peut ... Et sa mère est en danger, elle le sait désormais. La retrouver. Première priorité. Comment y emmener son compagnon ?

 

Pendant tout ce temps, Lancelot regarde gravement la jeune femme, comme emprisonnée dans ses pensées. Il la sent désespérée, à la recherche d'une nouvelle certitude, une ancre sur laquelle s'appuyée. Et il se demande comment une jeune créature de Dieu peut avoir été dotée de si jolis yeux. Il lui sourit. Passionnément. Puis, il choisit d'endosser pour un temps son fardeau :

 

-         Ma Dame, vous êtes rétabli, il est temps de partir. Nous allons regagner la salle du trône. Là, comme il se doit, nous attendent nos armures, et dans l'écurie a été sellé nos destriers. Veuillez couvrir votre nudité et me suivre, Chevalier.

 

Isabelle suit tout d'abord Lancelot dans un entrepot confiné où il regroupe quelques affaires de voyage : stockés dans un grand havresac, deux chaudes capes de tissus kakis, des cordelettes solides, une grosse miche de pain, deux gourdes de vin, quelques couteaux et une lanterne avec fioles d'huiles et pierre à feu. Le nécessaire de l'aventurier en quête, en fait. Il emmène ensuite prestemment la jeune fille vers la salle du trône.

 

Lorsqu'Isabelle y pénétre à nouveau, ce qu'elle constate en premier est l'absence du roi Arthur. En fait, entre les sobres et dignes larges colonnes de la salle, il n'y a plus âme qui vive à part eux. Seul un autel recouvert d'une soie rouge bordée d'or maintenue à chaque angle par un candélabre en or massif surmonté d'un long cierge allumé, met une nuance de couleur dans ce lieu. L'autel avait été poussé devant le trône, vide et assombri, et une magnifique panoplie le coiffe : un haubert brillant comme un diamant et aminci à sa taille, deux gantelets en acier, également polis, un heaume ouvragé, une cotte et des jambières du même métal  étincelant. Et tout le reste, bottines, ceinturon et brassières ... Chaque pièce avait été gravée à son nom à la peinture d'or. Tout sourire, mais silencieuse et étrangement calme, la jeune fille découvre puis endosse dans l'ordre chaque pièce de sa nouvelle armure de Chevalier de la Table Ronde. Lancelot, lui, en est déjà équippé, et il la regarde sans mot dire s'habiller.

 

C'est après avoir soulevé et endossé son armure qu'Isabelle voit, au milieu de l'autel, le fourreau tout orné de pierres précieuses. Alors le visage de notre jeune héroïne s'anime d'un instant de pur joie, et ses yeux étincellent : car c'est Excalibur. Arthur lui confie sa lame sacrée entre toutes ... à moins que cela ne soit l'inverse et que l'épée elle-même ait poussé son maître à la lui céder. Cela, Isabelle ne le saura jamais.

 

 C'est très troublée qu'Isabelle se saisit du fourreau pour le ceindre comme il convient à son tout nouveau ceinturon. Puis, dans un geste vif et élégant, elle en fait sortir la lame ...

Elle s'attend à ce moment précis à ressentir quelque chose de fascinant, de vraiment particulier : peut-être une impression de puissance teintée d'humilité ? Mais rien en fait ne se passe et la jeune fille ne sent aucune différence entre tenir Excalibur et une autre épée.

« Etait-ce bien la bonne lame», se dit la jeune guerrière ?

 

Pendant que son amie s'équippe, Lancelot saisit la soie rouge, et la fixe sur le derrière des épaules d'Isabelle : c'est en fait la cape que le roi Arthur désirait la voir endosser, afin de montrer à tous de qui elle tenait.

La pièce n'a pas de miroir, et Isabelle se contente de se regarder elle-même comme elle le peut : qu'est ce qu'elle est belle dans sa nouvelle armure ! !

 

De joie, Isabelle fait un tour de danse sur elle-même, puis sourrit à Lancelot, qui, ravi de la voir heureuse de nouveau, lui rend pleinement son sourire.Malicieuse, la belle le regarde et dit :

-          Que faisons-nous là à nous pavaner, seigneur Lancelot ? Allons ! Il est temps de partir, une longue chevauchée nous attend ! Allons à l'écurie prendre nos montures 

-          Ma Dame, nous y allons de ce pas, lui répond Lancelot avec un regard altier. J'en conclu que vous savez par où commencer les recherches, lui dit-il avec un ton complice ?

-         Bien sûr, beau chevalier, dit Isabelle en plissant ses yeux, séductrice ... j'ai d'ors-et-déjà ma petite idée. Me faites-vous confiance ?

-         Plus qu'à mon propre jugement, mais moins qu'en celui de Dieu, ma Dame, répond alors Lancelot d'un air grave.

-         Bien. Ca veut dire oui ... Alors, allons-y ! rétorque Isabelle de manière brusque et sans appel.

 

Parvenus à l'écurie, nos héros y hêlent un homme en haillon occupé à finir d'harnacher deux montures. Ils reconnaissent immédiatement leurs chevaux, et notent qu'ils sont en pleine forme. Celui d'Isabelle a le poil gris-bleu, et est bien plus agité – car plus jeune - que ne l'est celui de Lancelot. Le destrier du paladin, calme et au regard fier, reçoit en ce moment même un carapaçon doré qui recouvre sa robe blanche. Quant à celui de la jeune femme, il est déjà monté, et est de couleur rouge. Sans un mot de remerciement au palefrenier, nos nobles héros montent fièrement sur leurs selles, saisissent les mors et bientôt, sous une pluie battante, ils quittent Camelot. En hauteur derrière un des créneaux des remparts, une jeune fille de plus pauvre stature les regarde discrêtement partir. Les mèches sauvages de sa longue chevelure brunes sont malmenés par le vent et la pluie cache ses larmes ...

 

 


Par itikar - Publié dans : Isabelle de Cornouailles
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